Guide technique

Alarme codeur CNC : capteur, câble ou variateur ? Le diagnostic

Par Julien T.
Alarme codeur CNC : capteur, câble ou variateur ? Le diagnostic

Une alarme de codeur désigne un axe, pas une pièce. Sur une commande numérique, le même message est déclenché par le capteur, par son câble, par son connecteur, par l'électronique qui traite le signal ou par une perturbation électrique, et les manuels des constructeurs le disent noir sur blanc : SIEMENS décrit l'alarme 25000 comme des signaux absents, hors phase, à la masse ou en court-circuit, ce qui fait quatre causes possibles pour un seul code. Avant de commander un codeur, trois contrôles écartent des causes qui n'ont rien à voir avec le capteur, et ce sont ceux que les constructeurs publient en premier : la qualité des contacts du connecteur de mesure, la continuité du câble, et le comportement de l'alarme (permanente, ou intermittente donc suspecte de perturbation). S-ELECTRO teste, répare et fournit les codeurs, résolveurs, règles de mesure et palpeurs de commande numérique depuis son atelier de Flers-en-Escrebieux, dans le Nord, y compris des pièces neuves des fabricants qui ne figurent pas au catalogue en ligne.

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01 // Ce que l'alarme nomme, et ce qu'elle ne nomme pas

Un axe tombe en défaut, l'écran affiche un message qui parle de capteur, et la commande décide seule de ce qui se passe ensuite : canal plus prêt, passage en poursuite, blocage du départ programme, obligation de refaire l'origine des axes. Le message a nommé l'axe. Il n'a nommé aucune pièce.

C'est la source d'erreur la plus coûteuse sur ce type de panne, parce qu'elle conduit à commander un codeur qui n'était pas en cause. La commande numérique ne voit que le bout de la chaîne : elle constate que la position qu'elle reçoit est absente, incohérente ou impossible. Ce qui a produit cette incohérence est en amont, et elle n'a aucun moyen de le distinguer.

Les manuels des constructeurs sont d'ailleurs plus prudents que la réputation qu'on leur prête. Dans le manuel de diagnostic SINUMERIK des commandes de génération 840D sl et 828D, sur lequel s'appuie tout ce qui suit, l'alarme 25000, « défaut matériel capteur actif », est décrite ainsi : les signaux du capteur de position actuellement actif sont absents, ne sont pas en phase, ou présentent une mise à la masse ou un court-circuit. Le remède publié renvoie d'abord au personnel habilité, puis énonce un premier geste technique qui n'est pas un hasard : contrôler la qualité des contacts du connecteur de circuit de mesure. Le remplacement du capteur n'arrive qu'après, et sous condition : contrôler les signaux du capteur, et en cas de défaut, le remplacer.

La distinction que presque personne ne fait, et qui change le dépannage. Sur ces commandes de génération 840D sl et 828D, il existe deux alarmes voisines. La 25000 concerne le capteur actif, celui qui ferme la boucle d'asservissement de position. La 25001 concerne le capteur passif, c'est-à-dire un second système de mesure présent sur l'axe mais non utilisé pour l'asservissement à cet instant. Les deux alarmes ont le même libellé de cause et le même remède, mais pas la même gravité : la première met le canal à l'arrêt, la seconde se contente d'un affichage. Un axe qui affiche 25001 n'est pas un axe dont le retour de position est perdu.

Le même raisonnement vaut pour la 25050, surveillance du contour, régulièrement classée à tort parmi les défauts de capteur. Le manuel la définit comme un écart entre la position réelle mesurée et celle qu'un modèle interne prévoyait, au-delà d'une tolérance paramétrée. Les remèdes publiés parlent de la tolérance elle-même, du gain du régulateur de position, de l'optimisation du régulateur de vitesse et de la mécanique (mobilité, masses en rotation). Aucun ne parle de remplacer un codeur. Une alarme de contour envoie d'abord vers la mécanique et le réglage, pas vers la pièce de mesure.

Quand le diagnostic conclut à une pièce réellement défectueuse, la suite se traite comme n'importe quelle panne d'électronique industrielle : c'est l'objet de notre page sur la réparation et l'échange standard d'électronique industrielle, qui explique quand remettre en état et quand échanger.

02 // La chaîne de mesure : cinq organes pour une seule alarme

Entre la position réelle de l'axe et le nombre affiché par la commande, il y a cinq organes. L'alarme est la même pour les cinq. Les distinguer est tout le travail de diagnostic.

OrganeCe qu'il faitCe qui le trahit
Le capteur lui-même : codeur monté en bout de moteur, règle de mesure linéaire sur l'axe, ou résolveur Transforme un déplacement en signal électrique, ou en trame numérique pour un codeur série Défaut permanent, reproductible, présent dès la mise sous tension et indifférent aux manipulations de câble
Le câble et ses connecteurs Transporte le signal et l'alimentation du capteur jusqu'à l'armoire Défaut qui apparaît en mouvement, disparaît à l'arrêt, ou change quand on manipule le faisceau. Le contact intermittent est explicitement cité par SIEMENS parmi les causes à chercher
L'alimentation du capteur Fournit la tension d'alimentation attendue par le codeur Signaux présents mais faibles, alarmes multiples sur plusieurs axes alimentés par la même source
L'électronique de traitement : module capteur, carte de l'amplificateur d'axe, module d'entrées de mesure Interprète le signal, l'interpole, le transmet à la commande Le défaut suit la voie, pas l'axe : il reste quand on permute le capteur avec celui d'un axe sain
L'environnement électrique Rien, et c'est le problème Alarme intermittente, ou qui survient après une levée d'arrêt d'urgence. FANUC en fait un cas de diagnostic à part entière

Cette liste explique pourquoi la permutation avec un axe sain est le geste le plus rentable du dépannage. Un constructeur la publie noir sur blanc : le manuel de maintenance MITSUBISHI de la série MDS décrit cette démarche pour les alarmes remontées par le détecteur, contrôler d'abord le câble et les connecteurs, puis permuter avec l'unité d'un axe sain et contrôler. SIEMENS et FANUC ne la formulent pas ainsi dans les sections citées ici : chez eux, c'est l'atelier qui l'applique, pas le manuel qui la prescrit. La logique reste la même : si le défaut suit le capteur, c'est le capteur. S'il reste sur la voie, ce n'est pas lui.

03 // Ce que les constructeurs écrivent dans leurs propres manuels

La documentation de maintenance FANUC de la série alpha classe les défauts de retour de position en familles, et elle donne pour chacune une action précise. Les quatre premières lignes du tableau ci-dessous reprennent cette classification, la dernière vient du manuel SIEMENS déjà cité. Ce tableau ne remplace pas le manuel de votre machine, il montre la logique que les constructeurs appliquent.

Famille d'alarmeCe que le manuel en ditL'action publiée
Coupure logicielle du Pulsecoder alpha (alarme 453) La synchronisation entre la position absolue transmise par le codeur intégré et l'information de phase est perdue Couper l'alimentation de la commande, déconnecter puis reconnecter le câble du Pulsecoder. Si l'alarme revient, remplacer le Pulsecoder
Coupure logicielle en boucle fermée (alarme 445) La variation des impulsions de position est faible par rapport à celle des impulsions de vitesse. Le manuel précise que cette alarme n'apparaît pas en boucle semi-fermée Rien à voir avec le câble du Pulsecoder : vérifier que le détecteur séparé délivre correctement ses impulsions de position. Si c'est le cas, le manuel oriente vers un jeu mécanique important entre la position moteur et la position de la règle
Coupure matérielle sur détecteur séparé (alarme 447) Concerne une règle ou un détecteur externe à voies A et B Vérifier que le détecteur à voies A et B est correctement raccordé
Erreur de phase (alarmes 361 et 381) et erreur de comptage (alarmes 367 et 382), selon codeur intégré ou détecteur séparé Le manuel les classe parmi les alarmes susceptibles d'être provoquées par des perturbations Si l'alarme est intermittente ou apparaît après une levée d'arrêt d'urgence, traiter d'abord les perturbations. Si elle persiste malgré la protection, remplacer le détecteur
Alarme de communication série La liaison numérique entre le codeur et l'amplificateur ne se fait pas correctement Vérifier que le câble est correctement connecté et non coupé. Sur les alarmes de contrôle de trame, traiter d'abord les perturbations. Si l'une d'elles reste émise systématiquement à chaque mise sous tension malgré cette protection, le codeur, la carte de commande de l'amplificateur ou le module d'impulsions peuvent être en cause
Encrassement du système de mesure (alarmes 25010 et 25011 côté SIEMENS) Le capteur signale lui-même un encrassement. Seuls les systèmes de mesure dotés d'un signal d'encrassement peuvent l'émettre Contrôler le système de mesure selon les prescriptions du constructeur du dispositif de mesure

Une phrase du manuel FANUC mérite d'être lue deux fois. Sur le tableau d'identification des alarmes de codeur, le constructeur écrit qu'une alarme à laquelle aucun numéro d'action n'est associé est considérée comme provenant d'une défaillance du Pulsecoder, et qu'il faut alors le remplacer. Autrement dit : sur ce tableau, l'absence d'action documentée est ce qui désigne le capteur. Les lignes qui portent une action renvoient d'abord à la pile, aux perturbations ou au détecteur séparé, et ne concluent au remplacement qu'après échec de ces pistes.

04 // L'ordre des contrôles, et pourquoi il ne se choisit pas

SIEMENS publie, pour l'alarme de surveillance du repère zéro (25020 et 25021), une liste de contrôles numérotée par le constructeur lui-même. Elle est écrite pour cette alarme, et c'est la seule des six examinées ici qui soit ordonnée de cette façon. Nous la suivons dans cet ordre en atelier sur l'ensemble de la branche de retour de position, parce qu'elle commence par ce qui se contrôle sans rien déposer.

  1. La ligne de transmission. Qualité des contacts du connecteur de valeur réelle côté moteur et côté module d'entrées de mesure, continuité des câbles du capteur, absence de court-circuit et de mise à la masse. Le manuel ajoute entre parenthèses la question qui résout beaucoup de dossiers : contact intermittent ?
  2. L'alimentation du capteur. Est-elle dans les limites de tolérance ? Le point compte parce que les amplitudes annoncées par un constructeur de codeurs ne sont garanties qu'à la tension d'alimentation nominale appliquée au codeur : c'est une condition explicite de leurs spécifications, pas une précaution de style.
  3. L'électronique de traitement. Remplacement ou reconfiguration du module d'entraînement ou du module capteur utilisé.
  4. Les paramètres. Sur cette alarme précise, deux paramètres doivent concorder pour que les données du codeur soient traitées correctement, l'un côté commande et l'autre côté entraînement. Un désaccord entre les deux produit une alarme sans qu'aucune pièce ne soit défectueuse.

La quatrième ligne est celle qu'on oublie, et c'est celle qui coûte le plus cher quand on l'oublie : elle décrit une alarme de mesure dont la cause est un paramétrage. Aucune pièce commandée ne la fera disparaître.

Ce que vous pouvez relever vous-même, et ce qui relève d'une personne habilitée. Noter le code exact de l'alarme, l'axe concerné, le moment où elle survient (à froid, en mouvement, après une levée d'arrêt d'urgence, toujours au même endroit du programme) et si elle est reproductible se fait depuis le pupitre, sans ouvrir quoi que ce soit. Tout le reste relève d'une personne habilitée. Deux régimes s'y distinguent, et les confondre est une faute : ouvrir l'armoire pour déposer une pièce ou débrancher un connecteur suppose que l'installation soit consignée, c'est-à-dire mise hors tension selon la procédure prévue par la norme NF C18-510 ; mesurer un signal de codeur, lui, se fait par nature sur une installation sous tension, ce qui est un travail d'une autre nature et qui ne se consigne pas. Si personne n'est habilité chez vous, ne l'improvisez pas. Les quatre informations ci-dessus suffisent déjà à orienter le diagnostic : envoyez-les nous et nous vous disons ce que nous en lisons.

05 // Le signal sinus/cosinus : les seuils qui tranchent

Sur les codeurs et les règles de mesure à signaux sinusoïdaux, il existe un moyen de trancher sans hypothèse : mesurer le signal et le comparer aux tolérances publiées. C'est ce qui distingue un diagnostic d'une supposition, et c'est ce que nous faisons sur banc avant de déclarer un capteur bon ou mauvais.

HEIDENHAIN publie les caractéristiques de son interface 1 Vcc, qui sert de référence de fait sur la plupart des machines-outils européennes. Un codeur d'une autre marque annonce ses propres tolérances, à vérifier dans sa notice, mais les ordres de grandeur sont comparables.

GrandeurValeur publiéeCe qu'un écart signifie
Amplitude du signal 0,6 à 1,2 Vcc, typiquement 1 Vcc En dessous, le signal ne permet plus une interpolation fiable
Seuils de surveillance recommandés Seuil bas 0,30 Vcc, seuil haut 1,35 Vcc Ce sont les valeurs que le constructeur recommande aux concepteurs de l'électronique aval pour surveiller l'amplitude. Ce que votre commande déclenche réellement dépend de ce que son concepteur a retenu
Rapport entre les deux voies 0,8 à 1,25 Hors de cette plage, le rapport entre les deux voies sort de ce que le constructeur spécifie, et l'interpolation qui en découle n'est plus celle qu'il garantit
Déphasage entre les voies 90 degrés, tolérance plus ou moins 10 degrés Hors tolérance, le sens de déplacement et le comptage deviennent faux
Asymétrie des signaux Rapport inférieur ou égal à 0,065, ce qui équivaut à 15 degrés C'est la grandeur qui chiffre un signal décentré, celui qui donne un cercle hors d'axe à l'écran
Marque de référence Composante utile supérieure ou égale à 0,2 V, valeur de repos inférieure ou égale à 1,7 V C'est le signal sur lequel repose la prise d'origine. Le constructeur le spécifie séparément des voies A et B, il se contrôle donc séparément
Conditions de mesure Mesure différentielle, au niveau du codeur, avec une résistance de terminaison de 120 ohms Mesuré autrement, le résultat n'est pas comparable aux tolérances ci-dessus

La méthode d'appréciation la plus lisible est celle que le constructeur décrit lui-même : afficher les voies A et B en mode XY sur un oscilloscope. Le manuel écrit que des signaux sinusoïdaux idéaux produisent un cercle de diamètre égal à l'amplitude, et il donne le critère chiffré qui va avec, le double du rayon devant rester compris entre 0,3 et 1,35 V. C'est ce chiffre qui tranche, pas l'allure de la figure.

Le fait qui rend compte des pannes intermittentes. L'amplitude d'un signal de codeur diminue quand la fréquence augmente, donc quand l'axe accélère. Le constructeur définit d'ailleurs sa fréquence de coupure par cette chute : à la fréquence dite -3 dB, il ne reste que 70 % de l'amplitude d'origine, et 50 % à la fréquence -6 dB. Deux précisions du manuel comptent autant que le fait lui-même : la courbe est donnée comme typique et variable selon le codeur, et les valeurs du tableau ci-dessus ne sont garanties que jusqu'à 20 % de cette fréquence de coupure. Un capteur légèrement dégradé peut donc être conforme à basse vitesse et sortir des tolérances en vitesse rapide. C'est le profil d'une machine qui fonctionne en manuel et tombe en défaut en cycle, et c'est pour cette raison qu'un capteur ne se déclare pas bon parce qu'il a été contrôlé à l'arrêt.

Le raisonnement vaut de la même façon pour les règles de mesure linéaires et leurs têtes de lecture, où la dégradation vient plus souvent du support de mesure et de son environnement que de l'électronique, et pour les palpeurs de mesure et capteurs de machine-outil, dont le signal de déclenchement obéit à la même exigence de propreté électrique.

06 // La pile du codeur absolu, et le piège des dix minutes

Un codeur absolu mémorise sa position même hors tension, à condition d'être alimenté par une pile de sauvegarde. C'est un consommable, et c'est la cause de panne la plus banale et la plus mal traitée de toute cette famille.

Le manuel FANUC est explicite sur trois points que l'on retrouve rarement ailleurs.

  • Ce que l'alarme veut dire. Une alarme de codeur absolu signalant une tension de pile faible ou nulle demande le remplacement de la pile, pas du codeur. Si la tension indiquée est nulle, la position est perdue et une prise d'origine machine devient obligatoire après remplacement.
  • Le condensateur de sauvegarde, et sa limite. Les codeurs absolus des servomoteurs des séries alpha i et alpha is intègrent en standard un condensateur de sauvegarde qui maintient la détection de position absolue pendant environ dix minutes. Si le remplacement de la pile tient dans ce délai, aucune prise d'origine n'est nécessaire. En revanche, les codeurs absolus des servomoteurs de la série alpha standard n'ont pas ce condensateur : le manuel impose alors de maintenir l'alimentation de commande pendant l'opération, faute de quoi la position est perdue. Confondre les deux générations, c'est perdre les origines de la machine sur une intervention censée durer deux minutes.
  • La durée de vie, et une différence d'approvisionnement à connaître. Le constructeur annonce une durée de vie de l'ordre de deux ans avec des moteurs des séries alpha i et alpha is, et d'un an avec des moteurs de la série alpha, valeurs qu'il donne pour une configuration à six axes, et il recommande un remplacement périodique plutôt que sur alarme. Sur ce point, les deux schémas de raccordement ne se valent pas. Dans le montage à coffret pile déporté, le bloc est constitué de quatre piles alcalines de format R20 et le constructeur admet l'emploi de piles du commerce. Dans le montage où chaque amplificateur embarque sa propre pile, il écrit l'inverse : ces piles intégrées ne sont pas disponibles dans le commerce et doivent être achetées chez lui. Vérifier lequel des deux équipe votre armoire avant de commander quoi que ce soit.

Le remplacement d'une pile de codeur absolu se fait dans une armoire, et sur la génération alpha standard le manuel impose de le faire alimentation de commande maintenue. C'est donc, par nature, un travail sous tension : il relève d'une personne habilitée pour ce type d'opération, et il ne se traite pas par une consignation, qui est précisément la mise hors tension. Ce que cette section vous apporte n'est pas un mode opératoire, c'est la question à poser avant l'intervention : quelle génération de codeur, et donc quel régime de travail.

Ce point rejoint une question plus large, celle des machines dont la génération n'est plus suivie par le constructeur, que nous traitons dans notre page sur ce qu'il faut faire d'un automate ou d'une commande numérique en fin de vie.

07 // Réparer, échanger ou remplacer

Quand le diagnostic a désigné une pièce, il reste trois voies, et le choix ne dépend pas de la pièce mais de l'état de la machine.

Votre situationLa voie qui convient
La machine est arrêtée et la production attend L'échange standard ou un exemplaire en stock : un équivalent part vers vous, le vôtre revient ensuite
La machine peut attendre et la pièce est rare La réparation de votre exemplaire, au composant. C'est souvent la seule voie sur un codeur propriétaire de génération ancienne
La gamme n'est plus fournie et vous constituez un rechange Le reconditionné, testé fonctionnellement avant réexpédition
Le doute persiste sur la pièce réellement en cause Aucune des trois. Le relevé d'abord : une pièce commandée sur un diagnostic incertain revient en défaut

Un point de vigilance vaut pour les codeurs plus que pour le reste du matériel : la compatibilité d'interface. Un codeur ne dialogue pas « en général », il dialogue dans un format précis : signaux sinusoïdaux 1 Vcc, signaux carrés TTL, ou liaison numérique du type EnDat, Hiperface, SSI, SSCNET ou protocole série propre à un constructeur. Sur un signal sinusoïdal ou carré normalisé, une équivalence entre marques est envisageable. Sur une liaison numérique propre à un constructeur, elle l'est beaucoup moins. Cela ne se tranche jamais sur les dimensions mécaniques, et pas davantage sur la seule référence du capteur : communiquez-nous la référence complète du capteur et celle du variateur ou de l'amplificateur d'axe qui le lit, les deux décident ensemble. Le raisonnement est le même pour un résolveur, à ceci près que ses modes de défaillance et ses grandeurs de contrôle n'ont rien de commun avec ceux d'un codeur à signaux 1 Vcc.

Le catalogue en ligne n'est pas la limite de ce que nous fournissons : au-delà de ce qui y figure, nous proposons des pièces neuves des fabricants, y compris sur des références que nous ne tenons pas en stock. Demandez, c'est souvent la réponse la plus rapide. Sur ce qui est en ligne, la même référence est proposée selon les cas en neuf, en reconditionné, en échange standard et en réparation, sur les codeurs et résolveurs, les servo drives et amplificateurs d'axe et les servomoteurs. Les équipements reconditionnés sont testés fonctionnellement et validés sur banc avant réexpédition, garantis de 6 à 12 mois selon le produit, pièces et main d'oeuvre, et expédiés sous 24 à 48 h depuis notre atelier de Flers-en-Escrebieux. Le détail de nos interventions est décrit sur notre page maintenance et réparation industrielle.

Si le diagnostic vous a conduit non pas au capteur mais à la carte qui le lit, c'est un autre métier, décrit dans notre page sur la réparation de cartes électroniques industrielles. Et s'il vous a conduit au variateur, la question du remplacement se prépare avant de commander : nous l'avons détaillée pour le cas du variateur de fréquence remplacé par un reconditionné. Et si le doute porte sur le moteur lui-même plutôt que sur son capteur, les contrôles qui les départagent sont dans notre guide sur le diagnostic d'un servomoteur avant démontage.

08 // Questions fréquentes

L'alarme porte sur un capteur que la machine n'utilise pas. Est-ce grave ?

Moins que l'autre, et c'est une distinction que la commande fait elle-même. Sur les SINUMERIK de génération 840D sl et 828D, l'alarme 25000 concerne le capteur actif, celui qui ferme la boucle d'asservissement : elle met le canal à l'arrêt et impose de refaire l'origine des axes. L'alarme 25001 concerne un second système de mesure présent mais non utilisé pour l'asservissement à cet instant : même libellé de cause, même remède publié, mais la réaction se limite à un affichage. Un axe en 25001 n'est pas un axe dont le retour de position est perdu. Il faut quand même traiter la cause, sous peine de découvrir le défaut le jour où la commande bascule sur ce capteur.

Une alarme de mesure peut-elle apparaître sans qu'aucune pièce ne soit défectueuse ?

Oui, et c'est la quatrième étape de la liste de contrôles que SIEMENS publie pour la surveillance du repère zéro. Après la ligne de transmission, l'alimentation du capteur et l'électronique de traitement, le manuel demande de vérifier que deux paramètres concordent, l'un côté commande et l'autre côté entraînement, faute de quoi les données du capteur ne sont pas traitées correctement. C'est le cas de figure le plus coûteux du lot : aucune pièce commandée ne le fera disparaître. Il se rencontre typiquement après une intervention sur l'entraînement ou une restauration de paramètres.

Combien de temps ai-je pour changer la pile d'un codeur absolu sans perdre l'origine ?

Cela dépend de la génération, et l'écart est brutal. Les codeurs absolus des servomoteurs FANUC des séries alpha i et alpha is embarquent en standard un condensateur de sauvegarde qui maintient la position absolue pendant environ dix minutes : si l'opération tient dans ce délai, aucune prise d'origine n'est nécessaire. Les codeurs de la série alpha standard n'ont pas ce condensateur, et le manuel impose alors de maintenir l'alimentation de commande pendant l'opération. Confondre les deux, c'est perdre les origines de la machine sur une intervention censée durer deux minutes. C'est la question à poser avant d'ouvrir l'armoire, pas après.

Mon axe part en défaut seulement en vitesse rapide. Est-ce le codeur ?

C'est un profil caractéristique, sans être une signature. L'amplitude du signal d'un codeur diminue quand la fréquence augmente, donc quand l'axe accélère : le constructeur définit sa fréquence de coupure par le fait qu'il ne reste plus que 70 % de l'amplitude d'origine, et il précise que ses tolérances ne sont garanties que jusqu'à 20 % de cette fréquence. Un capteur légèrement dégradé peut donc rester conforme à basse vitesse et sortir des tolérances en vitesse rapide. Un câble en contact intermittent produit le même symptôme, pour une raison différente. Les deux se départagent par la mesure, pas par le raisonnement.

Une alarme de contour signifie-t-elle que le codeur est mort ?

Non, et c'est une confusion fréquente. La surveillance de contour compare la position réelle à celle qu'un modèle interne prévoyait. Les remèdes publiés par SIEMENS portent sur la tolérance paramétrée, sur le gain du régulateur de position, sur l'optimisation du régulateur de vitesse et sur la mécanique, mobilité et masses en rotation comprises. Elle envoie donc chercher du côté du réglage et de la mécanique avant tout remplacement de pièce.

Que faut-il nous transmettre pour obtenir un diagnostic à distance ?

Le code exact de l'alarme et son libellé tel qu'il s'affiche, l'axe concerné, le modèle de commande numérique, les références complètes du capteur et de l'amplificateur d'axe, et les circonstances : à froid ou à chaud, à l'arrêt ou en mouvement, toujours au même endroit du programme, reproductible ou non. Une photo de l'écran d'alarme et une photo des plaques suffisent le plus souvent. Nous répondons sous 2 heures ouvrées.

Une alarme de mesure sur un de vos axes ?

Envoyez-nous le code d'alarme, l'axe concerné, le modèle de commande et la photo de la plaque du capteur. Nous vous disons ce que nous en lisons, ce que nous avons en stock, en réparation ou en échange standard, et ce qu'il faut vérifier avant de commander quoi que ce soit.

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Julien T. ([email protected])Support technique et rédaction, S-ELECTRO

Julien T. assure le support technique et la rédaction chez S-ELECTRO (Shop-Elec), spécialiste de l'électronique industrielle et CNC. Il répond aux différentes demandes clients qui arrivent à l'atelier de Flers-en-Escrebieux, dans le Nord : identification d'une référence à partir d'une plaque ou d'une photo, arbitrage entre réparation au composant, échange standard et remplacement, et suivi des gammes dont le constructeur n'assure plus le support.

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