Guide technique

Automate ou commande numérique en fin de vie : que faire de son installation

Par Julien T.
Automate ou commande numérique en fin de vie : que faire de son installation

L'essentiel. Un automate en fin de vie continue de fonctionner : ce que vous perdez, c'est la capacité à le remettre en marche après une panne par le canal du constructeur. Plusieurs issues se combinent : sécuriser un stock de rechange, faire réparer, passer par l'échange standard, chercher du neuf d'origine s'il en reste, ou migrer vers une gamme suivie. L'erreur la plus coûteuse est d'attendre la panne pour choisir. S-ELECTRO (Shop-Elec) fournit, répare et rachète l'électronique industrielle et CNC de ces gammes depuis son atelier de Flers-en-Escrebieux, dans le Nord.

01 // Fin de commercialisation, fin de service : ce que chaque terme retire

Les constructeurs emploient un vocabulaire de cycle de vie qui n'est pas intuitif, et la confusion entre deux jalons fait prendre de mauvaises décisions.

JalonCe qui s'arrêteCe qui continueCe que vous devez faire
Fin de commercialisation La vente de matériel neuf Réparation, pièces détachées et support technique Rien d'urgent. C'est le moment de commencer l'inventaire.
Fin de service Réparation, pièces et support par le constructeur Votre installation, qui fonctionne toujours Le stock de rechange et les partenaires de réparation doivent être en place.

Entre les deux, il s'écoule souvent plusieurs années. C'est la fenêtre pendant laquelle tout se prépare sans urgence, et c'est celle que la plupart des exploitations laissent passer.

Ce qu'une fin de service ne fait pas. Elle n'éteint pas vos machines, ne déclenche aucune obligation de remplacement et ne rend pas votre installation non conforme par elle-même. En revanche, si l'équipement participe à une fonction de sécurité, ou si votre machine fait l'objet d'une modification substantielle, la question dépasse la disponibilité des pièces : faites-la trancher par votre préventeur ou votre organisme de contrôle.

02 // La question à se poser en premier

Elle n'est pas « quand vais-je migrer ». Elle est : si ce module tombe en panne demain matin, combien de temps ma production reste-t-elle arrêtée ?

La réponse dépend d'abord de trois choses : avez-vous la pièce, avez-vous le programme, et savez-vous le recharger. Un exploitant qui répond oui aux trois peut envisager la migration sereinement, sur plusieurs années. Un exploitant qui répond non à l'une des trois a un problème aujourd'hui, indépendamment de toute échéance constructeur.

03 // Vos options, et ce que chacune règle

OptionCe qu'elle règleSa limiteDélai de mise en place
Stock de sécurité en reconditionné Le redémarrage rapide après panne Immobilise de la trésorerie, et suppose d'avoir identifié les bonnes références immédiat
Réparation Conserve votre matériel, donc son paramétrage Immobilisation pendant l'intervention immédiat, mais à organiser avant la panne
Échange standard Réduit l'immobilisation au transport Vous recevez un autre exemplaire, à reparamétrer immédiat
Neuf d'origine, quand il existe encore La continuité sans compromis sur l'état N'existe plus sur les gammes arrêtées, et les délais peuvent être longs selon disponibilité
Migration Remet le compteur du cycle de vie à zéro Reprise du programme, des entrées et sorties, du câblage, de la supervision, et arrêt pour la bascule plusieurs mois à plusieurs années

Les premières ne s'opposent pas à la migration : elles couvrent l'intervalle qui vous en sépare. C'est la combinaison qui fonctionne en pratique, pas le choix exclusif. Si l'option retenue passe par du matériel reconditionné, ce qu'il faut vérifier avant de commander donne les six questions à poser au vendeur.

Sur les trois premières, nous intervenons directement : réparation au composant quand c'est possible, validation sur banc fonctionnel avant réexpédition, garantie de 6 à 12 mois selon le produit, pièces et main d'œuvre, et expédition sous 24 à 48 h pour ce qui est en stock. Selon la référence, nous fournissons aussi bien du neuf d'origine que du reconditionné. Décrivez-nous votre référence pour savoir ce qui s'applique à votre cas. Le déroulé complet, de la description de la panne au retour de la pièce, est décrit dans réparation et échange standard d'électronique industrielle.

Nos techniciens se déplacent également sur site pour le diagnostic, la réparation et la remise en route. Cette intervention couvre la France, la Belgique, la Suisse, le Luxembourg, l'Allemagne, l'Autriche, les Pays-Bas, l'Espagne et l'Italie. La vente de pièces, elle, est expédiée dans plus de 200 pays.

Selon la famille d'équipement concernée, voir nos automates programmables, nos commandes numériques CNC, nos variateurs et servo drives ou nos écrans et IHM.

04 // L'inventaire par criticité, en une demi-journée

C'est le seul travail préalable qui ne se délègue pas, et il conditionne tout le reste.

  1. Listez les équipements, pas les machines. Unité centrale, modules d'entrées et de sorties, coupleurs de communication, alimentation, cartes mémoire, écran. Relevez la référence complète de chacun, suffixes et indices de version compris.
  2. Pour chaque référence, une seule question : sa panne arrête-t-elle la production ? Vous obtenez deux piles, et seule la première compte.
  3. Comptez les exemplaires identiques. Une référence présente sur quatre machines mérite un rechange ; une référence unique sur une machine secondaire, non.
  4. Vérifiez votre magasin. Des rechanges oubliés dorment souvent en stock. Un module conservé dix ans n'est pas garanti fonctionnel : faites-le tester. Tout relevé ou essai sur une installation sous tension relève d'une personne habilitée, dans le cadre de consignation prévu par la NF C18-510. Si personne ne l'est chez vous, nous testons vos rechanges en atelier.
  5. Datez. Un équipement de vingt ans et un équipement de cinq ans n'appellent pas la même vigilance, même sur la même référence.

05 // Le point qui bloque tout le reste : vos programmes

Une pièce de rechange ne sert à rien si vous ne pouvez pas recharger le programme dedans.

Sur les installations anciennes, l'application a été écrite avec un logiciel de programmation d'époque, et parfois jamais migrée depuis : PL7 Pro puis Unity Pro, devenu EcoStruxure Control Expert, chez Schneider ; STEP 5 puis STEP 7 et TIA Portal chez Siemens ; GX Developer puis GX Works chez Mitsubishi. Trois questions à traiter avant d'en avoir besoin :

  • Avez-vous les fichiers sources, et où sont-ils ? Un programme qui n'existe que dans l'automate disparaît avec lui.
  • Avec quel logiciel s'ouvrent-ils, et ce logiciel tourne-t-il encore sur un poste dont vous disposez ? C'est le point de rupture le plus fréquent : le poste de programmation est souvent plus vieux que l'automate.
  • Avez-vous le câble et l'interface de communication correspondants ? Les liaisons des générations précédentes, Uni-Telway, MPI, RS-232 ou RS-485 selon les gammes, ne se remplacent pas par un cordon USB standard : il faut le convertisseur d'époque, ou un adaptateur reconnu par le logiciel.
Faites l'essai avant d'en avoir besoin. Ouvrir le programme, le comparer à ce qui tourne réellement, et l'enregistrer ailleurs que sur le poste de l'atelier : c'est une demi-journée qui vaut plus qu'un rechange de plus en magasin.

06 // Par gamme

Chaque constructeur a son propre calendrier de cycle de vie et son propre vocabulaire. Les pages ci-dessous détaillent les gammes pour lesquelles nous recevons le plus de demandes.

  • Schneider Electric, Modicon Premium (TSX 57) : commercialisation arrêtée fin 2018. Sa fin de service standard est fixée au 31 décembre 2026.
  • Schneider Electric, TSX Micro (TSX 37) : commercialisation arrêtée fin 2019. Sa fin de service standard est fixée au 31 décembre 2027 (soit un an de répit supplémentaire par rapport au Premium). Retrouvez notre point complet sur le calendrier d'obsolescence Schneider Electric pour ces deux gammes.
  • Autres gammes : les calendriers de fin de vie sont publiés par chaque constructeur et évoluent. Nous ne reprenons ici que les dates que nous avons pu vérifier. Demandez-nous ce qu'il en est de votre référence.

07 // Questions fréquentes

Mon installation devient-elle non conforme après la fin de service ? →

Pas par le seul fait de cette échéance. La fin de service est un engagement commercial du constructeur, pas une disposition réglementaire. Si votre équipement participe à une fonction de sécurité, faites trancher la question par votre préventeur.

Combien de rechanges faut-il tenir en stock ? →

Il n'y a pas de règle générale : cela dépend du nombre d'exemplaires installés, du coût d'un arrêt et du délai d'approvisionnement de la référence. L'inventaire par criticité décrit plus haut donne la réponse pour votre installation.

Peut-on encore trouver des pièces pour une gamme arrêtée depuis dix ans ? →

Souvent oui, par le reconditionné et la réparation. La disponibilité se réduit avec le temps, et c'est précisément ce qui rend l'anticipation utile. Interrogez-nous sur une référence précise plutôt que sur une gamme entière : la réponse est bien plus fiable.

Vaut-il mieux migrer tout de suite ? →

C'est une décision d'investissement, pas une décision technique. Elle se prend en comparant le coût d'un arrêt de production non couvert au coût de la migration, sur la durée de vie restante de la machine. Sécuriser les rechanges permet de la prendre sans urgence.

Que faire des équipements déposés après une migration ? →

Ils ont de la valeur pour les exploitants qui n'ont pas encore migré. Voir notre page rachat de matériel.

Un doute sur une gamme, une référence à sécuriser, un module en panne ?

Envoyez-nous la référence complète et la machine concernée. Nous vous disons ce que nous avons en stock, ce qui est réparable, et ce qui mérite votre attention en priorité.

Décrire ma situation → ou appeler le 03 27 86 27 73
S-ELECTRO

Julien T. Support technique et rédaction, S-ELECTRO

Julien T. assure le support technique et la rédaction chez S-ELECTRO (Shop-Elec), spécialiste de l'électronique industrielle et CNC. Il répond aux différentes demandes clients qui arrivent à l'atelier de Flers-en-Escrebieux, dans le Nord : identification d'une référence à partir d'une plaque ou d'une photo, arbitrage entre réparation au composant, échange standard et remplacement, et suivi des gammes dont le constructeur n'assure plus le support.

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