Un variateur, une carte d'axe ou un pupitre qui dort dans un magasin ne vaut pas son poids en métal : il vaut ce qu'une machine encore en production est prête à payer pour redémarrer. C'est ce qui sépare une offre de rachat d'une reprise au tonnage, et c'est ce qui explique que deux armoires de poids identique n'aboutissent pas au même chiffre. S-ELECTRO (Shop-Elec) rachète du matériel industriel et CNC depuis 2009, depuis son atelier de Flers-en-Escrebieux, dans le Nord, et fait une proposition de rachat, généralement sous 24 à 48 h. Toutes pièces et machines CNC détachées, en tous états, sans quantité minimale.
Faire estimer mon matériel ou appeler le 03 27 86 27 73
01 // Pourquoi le prix au poids ne dit rien de votre matériel
Si vous avez déjà cherché ce que valait un lot d'équipements, vous êtes probablement tombé sur des offres de reprise calculées au poids et au cours des métaux, acier, fonte, inox, aluminium, cuivre. C'était la logique dominante des pages consultées en août 2026, et elle se tient parfaitement pour une presse, un convoyeur ou une carcasse de machine.
Elle ne dit rien d'une carte électronique. Un module d'entrées et de sorties, comme ceux de notre catalogue de cartes électroniques et modules CNC, pèse quelques centaines de grammes et ne contient presque aucun métal valorisable. Sa valeur ne vient pas de sa matière, elle vient d'une question simple : est-ce que quelqu'un, quelque part, a une machine arrêtée qui attend exactement cette référence ?
La conséquence est contre-intuitive et vaut d'être dite clairement : dans un lot d'atelier, la valeur ne suit pas la masse. Une carte de quelques centaines de grammes peut porter l'essentiel de la valeur pendant que le châssis qui l'accueillait relève du coût d'évacuation. Appliquer le raisonnement du tonnage à une armoire d'automatisme conduit donc à deux erreurs opposées : brader des pièces recherchées, et surestimer de la structure dont personne n'a l'usage.
02 // Les six éléments qui font monter ou descendre une offre
Six éléments déterminent le prix d'une pièce d'automatisme sur le marché de la rechange. Aucun ne demande de compétence particulière pour être vérifié de votre côté, et chacun explique une partie de l'écart entre deux estimations.
| Ce que nous regardons | Ce qui fait monter | Ce qui fait descendre |
|---|---|---|
| La référence constructeur | Une référence complète et lisible sur l'étiquette, avec son indice de version | Une étiquette arrachée, illisible, ou une référence partielle : la pièce devient difficile à identifier, donc difficile à revendre |
| La gamme, et si elle est encore en service | Une gamme encore installée dans des ateliers, dont le constructeur n'assure plus le support : la demande de rechange existe et l'offre neuve a disparu. C'est le cas de nombreux variateurs et servo drives et automates programmables encore en production | Une gamme trop récente, encore fournie en neuf par le constructeur, ou au contraire disparue des ateliers depuis longtemps |
| L'état déclaré | Un état annoncé honnêtement, quel qu'il soit : fonctionnel, en panne, incomplet. C'est l'exactitude qui compte, pas la perfection | Un état incertain ou survendu : il oblige à provisionner le pire, donc à baisser l'offre |
| La complétude | La pièce avec ses accessoires : capot, connecteurs, bornier débrochable, cordon, carte fille, support de montage | Un module seul dont le connecteur d'origine manque : la pièce reste vendable, elle vaut moins |
| La quantité par référence | Plusieurs exemplaires de la même référence, qui permettent de servir plusieurs clients et parfois de compléter une pièce avec une autre | Un exemplaire unique d'une référence rare : cela reste intéressant, mais le stock ne se constitue pas |
| La documentation qui suit | Le nom de la machine d'origine, la commande numérique associée, l'année de mise en service si vous la connaissez | Rien du tout : la pièce est vendable mais sans son contexte d'emploi, ce qui ralentit sa revente |
Un point qui revient souvent : une pièce en panne n'est pas une pièce sans valeur. Beaucoup de défauts se réparent au composant, et une carte défectueuse dont la référence est recherchée vaut plus qu'une carte fonctionnelle dont plus personne n'a l'usage. C'est exactement la logique décrite dans notre guide sur la réparation de cartes électroniques industrielles.
03 // Ce qu'il faut nous envoyer pour obtenir un chiffre
C'est le point où la plupart des demandes s'enlisent, et il ne s'agit pas de faire un travail d'inventaire complet. Quatre informations suffisent à chiffrer, une cinquième fait gagner un aller-retour, et une photo remplace trois lignes de description.
- La photo de l'étiquette, pas la photo de la pièce. C'est l'étiquette qui porte la référence, la marque et l'indice de version. Une photo nette d'étiquette vaut mieux qu'une belle photo d'ensemble.
- La quantité par référence. Trois exemplaires de la même carte ne se traitent pas comme trois cartes différentes.
- L'état, dit franchement : neuf jamais monté, déposé et fonctionnel, déposé pour panne, incomplet, inconnu. « Inconnu » est une réponse acceptable et fréquente ; ce qui pose problème, c'est un état affirmé qui se révèle faux à la réception.
- Où se trouve le matériel, au moins la ville. C'est ce qui détermine si nous venons chercher ou si nous organisons un transporteur.
- Votre prix attendu, si vous en avez un. Ce n'est pas obligatoire et cela ne ferme rien : cela évite simplement un aller-retour quand votre estimation et la nôtre sont éloignées.
Si vous disposez d'un export de votre GMAO ou d'un fichier de magasin, envoyez-le tel quel : nous préférons une liste brute avec ses imperfections à une liste retravaillée qui aura perdu les indices de version en chemin. Si le matériel ne sort pas d'un magasin mais d'un arrêt de ligne ou d'une fermeture de site, la question change d'échelle : il faut alors séparer trois familles qui ne partent ni aux mêmes acheteurs ni au même rythme, et l'une des trois reste à votre charge si personne ne s'en occupe.
04 // Ce que nous rachetons, et dans quel état
La réponse tient en une phrase : toutes pièces et machines CNC détachées, en tous états. Il n'y a pas de tri à faire avant de nous écrire, et pas de quantité minimale.
Ce point mérite d'être souligné parce qu'il lève le frein habituel. Un stock dormant le reste souvent parce que son détenteur suppose qu'il faut d'abord séparer ce qui vaut quelque chose du reste. C'est précisément le tri que nous savons faire et que vous n'avez pas à faire : il suppose de connaître, référence par référence, l'état du marché de la rechange industrielle.
Le détail des familles reprises, avec les liens vers chaque catégorie du catalogue, est sur notre page de rachat de matériel. Deux précisions y ajoutent quelque chose ici : les gammes dont le constructeur n'assure plus le support sont les bienvenues, car ce sont souvent celles que nos clients cherchent le plus, comme le montre le cas des gammes Schneider arrivant en fin de service ; et une pièce en panne entre pleinement dans le périmètre, puisque beaucoup de défauts se traitent au composant.
05 // Ce que la réglementation dit si vous jetez au lieu de vendre
C'est l'élément que les comparaisons d'offres oublient presque toujours, et il peut renverser l'arbitrage. Se débarrasser d'un équipement électrique ou électronique professionnel n'est pas neutre : le code de l'environnement organise qui paie l'enlèvement et le traitement.
L'article R543-195 du code de l'environnement pose deux règles et une nuance.
- Les producteurs d'équipements électriques et électroniques professionnels doivent enlever et traiter à leurs frais les déchets issus des équipements qu'ils ont mis sur le marché après le 13 août 2005.
- Ils doivent aussi le faire pour les équipements mis sur le marché jusqu'à cette date, mais seulement lorsqu'ils les remplacent par des équipements équivalents ou assurant la même fonction.
- Pour les équipements mis sur le marché avant le 13 août 2005 et qui ne sont pas dans le cas ci-dessus, ce sont les utilisateurs qui les enlèvent et les traitent à leurs frais.
Le même article prévoit un seuil d'enlèvement, fixé par les producteurs. Au-dessus, l'enlèvement se fait depuis un point de regroupement sur votre site, accessible à un véhicule équipé de moyens de manutention. En dessous, il « s'effectue par tout autre moyen approprié que les producteurs déterminent ». Autrement dit, sous le seuil, c'est la modalité qui change, pas l'obligation : une petite quantité ne sort pas du dispositif, elle n'est simplement plus enlevée depuis votre point de regroupement.
Ce qu'il faut en retenir avant de décider : la question à se poser n'est pas l'âge apparent du matériel, c'est sa date de mise sur le marché. Pour tout ce qui a été mis sur le marché après le 13 août 2005, la charge revient au producteur. Pour ce qui est antérieur et que personne ne remplace, elle revient à l'utilisateur. Dans ce second cas, revendre change l'équation dans les deux sens à la fois, puisque le coût d'évacuation disparaît en même temps qu'une recette apparaît.
Nous n'entrons pas ici dans le détail des obligations déclaratives, qui dépendent de votre situation : ce paragraphe décrit le partage de responsabilité tel que le texte l'énonce, rien de plus.
06 // Et ensuite
Le déroulé complet, de l'envoi de votre liste au règlement, est décrit sur notre page de rachat de matériel : évaluation, proposition, organisation de la reprise par retrait ou par transporteur selon la distance, puis règlement une fois l'accord validé.
Ce qui se passe après vous concerne peut-être plus que vous ne le pensez, parce que c'est aussi ce qui fonde l'offre : la pièce est testée, reconditionnée quand c'est possible, puis remise en circulation dans notre catalogue plutôt que mise au rebut. Notre guide sur l'achat de matériel industriel reconditionné décrit les contrôles qu'elle subit avant d'être proposée à quelqu'un d'autre.
07 // Questions fréquentes
Faut-il trier avant de vous contacter ?
Non, et c'est même contre-productif. Le tri entre ce qui a de la valeur et ce qui n'en a pas suppose de connaître l'état du marché de la rechange, référence par référence. C'est notre métier, pas le vôtre. Envoyez la liste telle qu'elle sort de votre magasin ou de votre GMAO.
Une étiquette illisible rend-elle la pièce sans valeur ?
Non, mais elle rallonge le travail d'identification. Dans ce cas, photographiez ce qui reste lisible, le connecteur, la face avant, et dites-nous sur quelle machine la pièce était montée : le contexte permet souvent de retrouver la référence.
Faut-il démonter avant de vous envoyer la liste ?
Non, et il vaut mieux ne pas le faire. Une armoire encore en place raconte en une photo ce qu'une liste ne dira pas : quelle carte était montée avec quoi, et sur quelle machine. Photographiez d'abord, démontez ensuite.

