Un servomoteur reconditionné n'est pas toujours la même chose d'un fournisseur à l'autre, et cinq relevés faits avant de commander évitent l'essentiel des allers-retours. La référence complète de la plaque, le modèle du servo drive associé, le type et la résolution du codeur, les paramètres moteur dans la commande numérique, et le type d'accouplement mécanique. Le point qui surprend le plus souvent : même sur un servomoteur à codeur absolu, le zéro machine se refait après remplacement, parce que c'est le couplage mécanique qui a changé, pas la mémoire du codeur. S-ELECTRO (Shop-Elec) fournit des servomoteurs testés fonctionnellement et validés sur banc avant réexpédition, garantis de 6 à 12 mois selon le produit, pièces et main d'œuvre, expédiés sous 24 à 48 h depuis l'atelier de Flers-en-Escrebieux, dans le Nord.
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01 // « Reconditionné » recouvre plusieurs niveaux, pas un seul
Le mot « reconditionné » couvre des interventions très différentes selon le fournisseur, et la question n'est pas assez souvent posée avant de commander. Un servomoteur peut ressortir d'atelier après un remplacement de roulements seul, après un recalage ou un remplacement de son codeur, après un rebobinage du stator, ou après une combinaison des trois.
Ce n'est pas un détail théorique. Le remplacement de roulements couvre à lui seul 60 à 70 % des pannes de servomoteurs, coûte 10 à 20 fois moins cher qu'un moteur neuf, et se fait avec des roulements de marque reconnue en classe de précision C3. C'est souvent la remise en état la plus rapide et la moins chère, mais ce n'est pas la même chose qu'un moteur dont le bobinage a été refait ou dont le codeur a été recalibré, et le prix comme le délai en dépendent directement.
La question à poser avant de commander, dans ces mots : qu'est-ce qui a été remplacé sur cet exemplaire précis, roulements, codeur, bobinage, et le moteur a-t-il été testé en charge ou seulement à vide ? Une réponse précise à cette question en dit plus long qu'une durée de garantie.
Ce point est spécifique au servomoteur et à ce que son reconditionnement peut recouvrir. Pour ce qui vaut sur l'ensemble du matériel reconditionné, les six questions à poser à n'importe quel fournisseur et la différence réelle entre occasion, reconditionné et échange standard, notre guide sur ce qu'il faut vérifier avant de commander du matériel industriel reconditionné les traite en détail.
02 // Les cinq relevés à faire avant de commander
Cinq informations décident si le servomoteur commandé correspond réellement à celui qu'il remplace. Les relever avant d'appeler évite l'essentiel des échanges qui rallongent une commande.
| Ce que vous relevez | Où cela se lit | Ce que cela détermine |
|---|---|---|
| La référence complète de la plaque signalétique | Plaque sur le carter du moteur, parfois sous une étiquette secondaire | Le point de départ de la recherche, et la seule façon de retrouver la documentation d'origine |
| Le modèle du servo drive associé (le variateur qui pilote le moteur) | Étiquette du drive dans l'armoire | Si le couple moteur/drive attendu par la commande numérique est respecté : un moteur seul ne se choisit pas indépendamment de ce qui le pilote |
| Le type et la résolution du codeur : résolveur, sin/cos, EnDat, ou codeur propriétaire type FANUC | Documentation du moteur, ou étiquette du codeur quand il est accessible | Si le signal renvoyé au drive est celui qu'il attend. C'est le point le plus fréquent d'incompatibilité, détaillé section 03 |
| Les paramètres moteur enregistrés dans la commande numérique | Menu paramètres de la CN, ou dossier de mise en service de la machine | Ce qu'il faudra ressaisir ou vérifier à la remise en service, section 05 |
| Le type d'accouplement mécanique sur l'arbre : direct, courroie, réducteur harmonique | Visible en ouvrant le carter de liaison mécanique | Le temps de remise en service, très différent d'un cas à l'autre, et la nécessité ou non d'un réglage de tension ou d'orientation |
Une précision de sécurité, la même que pour n'importe quel relevé en armoire : si l'accès suppose d'ouvrir un coffret, l'opération relève d'une personne habilitée, et l'installation se consigne avant d'y travailler : séparation, condamnation, identification, vérification d'absence de tension, puis mise à la terre et en court-circuit, comme le prévoit la NF C18-510. La plaque du moteur et l'accouplement se lisent le plus souvent sans intervention sous tension.
L'ordre compte : la référence de plaque et le type de codeur se photographient en premier, avant tout démontage. Les paramètres CN se relèvent tant que la machine répond encore, pas après coup. C'est la même logique que pour un variateur ou un automate : ce qui se lit dans l'appareil ou la commande a une fenêtre de temps, ce qui se lit sur une étiquette n'en a pas.
03 // Le codeur : ce qui doit correspondre, et ce qui ne se convertit pas
Le codeur est le point de compatibilité le plus strict de tout le servomoteur, et le mécanisme de l'incompatibilité entre un type incrémental et un type absolu, ou entre deux protocoles différents, est déjà détaillé dans la FAQ de notre catalogue de servomoteurs AC brushless. Ce que cet article ajoute, c'est le moment où le vérifier : avant de commander, pas à la réception.
Le relevé de section 02 doit porter sur la référence exacte du codeur, pas seulement sur sa famille. Deux codeurs absolus peuvent différer par leur résolution ou par le protocole de communication qu'ils parlent avec le drive, et une résolution non conforme à ce que le drive attend produit les mêmes symptômes qu'une panne moteur : à-coups, alarme de poursuite, voire un axe qui refuse de démarrer. Demandez au vendeur de confirmer la référence exacte du codeur de l'exemplaire proposé, pas seulement celle du moteur : ce sont deux informations distinctes sur la plupart des servomoteurs AC brushless.
Sur les servomoteurs équipés d'un codeur absolu, dont ceux de la gamme FANUC alpha, une pile ou un condensateur de sauvegarde maintient la position en dehors des périodes sous tension. Ce composant est un sujet à part entière, traité avec les références officielles du constructeur dans notre page sur le diagnostic d'une alarme de codeur. Ce qui compte au moment de commander : sur un exemplaire reconditionné, c'est un composant dont vous ne connaissez pas l'historique, et mieux vaut demander lequel des deux montages équipe votre servomoteur avant qu'une alarme ne vous l'apprenne en production.
04 // Pourquoi le zéro machine se refait même avec un codeur absolu
C'est le point qui surprend le plus, parce que le mot « absolu » laisse penser que rien n'a besoin d'être refait, et notre catalogue de servomoteurs AC brushless l'explique dans le détail : le couplage mécanique change avec le moteur, pas la mémoire du codeur, ce qui oblige à redéclarer un point d'origine dans tous les cas.
Ce que cet article en tire pour la commande elle-même : ne comptez jamais sur un codeur absolu pour vous dispenser de la prise d'origine dans votre planning de remise en service, quelle que soit la marque annoncée par le vendeur. « Le codeur garde sa position » et « la machine sait où elle en est » sont deux choses différentes, et c'est la seconde qui compte pour reprendre la production. La section 05 chiffre ce temps par type d'accouplement.
05 // Ce qui se passe au redémarrage
Le délai de remise en service dépend directement du type d'accouplement relevé en section 02, et il vaut mieux le savoir avant de planifier un arrêt de production.
- Axe à accouplement direct : généralement 2 à 4 heures.
- Broche entraînée par courroie : généralement 4 à 8 heures, le temps supplémentaire venant du réglage de la tension de courroie et de l'orientation de broche.
- Axe avec réducteur harmonique : généralement 8 à 16 heures, la remise en service la plus longue des trois configurations.
Dans les trois cas, comptez 30 à 60 minutes supplémentaires d'essais fonctionnels avant de rendre la machine à la production. La prise d'origine (section 04), la vérification des paramètres moteur relevés en section 02, et un premier cycle à vide quand la mécanique le permet, sont les trois étapes qui ne se sautent pas.
Si un jitter, une alarme de codeur ou une surchauffe apparaissent à ce moment, reprenez le relevé plutôt que de mettre en cause le moteur reçu : un défaut de couplage codeur ou de paramétrage produit exactement les mêmes symptômes qu'un moteur défectueux.
06 // Quand le reconditionné n'est pas la bonne réponse
Remplacer l'ensemble du servomoteur n'est pas toujours la solution la plus rapide ni la plus économique, et l'arbitrage se lit directement dans ce que les relevés des sections précédentes ont donné.
- Si la panne se limite aux roulements (section 01) : la réparation par remplacement de roulements seuls règle 60 à 70 % des cas, coûte nettement moins qu'un moteur complet, et le moteur revient avec son propre codeur et son propre couplage. Aucune prise d'origine à refaire (section 04).
- Si le type de codeur ou le modèle du servo drive relevés en section 02 restent incertains : réparer votre exemplaire évite tout le risque de compatibilité décrit en section 03, puisque ni le codeur ni le drive ne changent.
- Si le délai de remise en service calculé en section 05 dépasse ce que la ligne peut absorber : l'échange standard ou un reconditionné disponible en stock raccourcissent ce délai, au prix de la prise d'origine à refaire.
- Si la gamme n'est plus commercialisée et que vous constituez un stock de sécurité : le reconditionné reste souvent la seule option, et c'est le cas où les cinq relevés de la section 02 comptent le plus.
Le détail de chaque voie, ce qu'elle coûte et ce qu'elle couvre, est développé dans notre page sur la réparation et l'échange standard d'électronique industrielle ; le diagnostic complet qui distingue bobinage, codeur et frein de maintien dans notre guide avant démontage. Cette section ne reprend ni l'un ni l'autre : elle croise l'arbitrage avec les relevés propres à une commande de remplacement.
07 // Questions fréquentes
Un servomoteur reconditionné arrive-t-il prêt à installer sans réglage ?
Matériellement oui, il est testé et validé sur banc avant réexpédition. Ce qui reste à faire vous revient : relever les paramètres moteur de votre commande numérique avant de démonter l'ancien, et prévoir la prise d'origine machine à la remise en service, même sur un codeur absolu.
Comment savoir quel niveau de reconditionnement a reçu mon exemplaire ?
Posez la question directement : roulements seuls, codeur recalé ou remplacé, bobinage refait, et si le test a été fait en charge ou à vide. Nos servomoteurs sont testés fonctionnellement sur banc avant réexpédition et garantis de 6 à 12 mois selon le produit, pièces et main d'œuvre.
Faut-il commander exactement la même référence de servomoteur ?
C'est le plus simple, et cela évite de reprendre le couplage mécanique et le paramétrage du drive. Ce n'est pas toujours possible sur une gamme ancienne : dans ce cas, ce sont le type de codeur, le servo drive associé et le type d'accouplement qui déterminent ce qui convient réellement. Envoyez-nous la photo de la plaque signalétique, nous vous disons ce qui correspond.
Mon servomoteur de remplacement vibre légèrement à l'arrêt, est-ce normal ?
Non, et c'est un signe à vérifier plutôt qu'à ignorer. Ce jitter signale le plus souvent un décalage du disque codeur ou une perte d'aimantation localisée. Nos servomoteurs reconditionnés sont testés au banc précisément pour écarter ce défaut avant expédition ; si le symptôme apparaît malgré tout, contactez-nous avant de continuer à faire tourner l'axe.
Vaut-il mieux faire réparer mon servomoteur que d'en acheter un reconditionné ?
Si la panne se limite aux roulements, la réparation est souvent la solution la plus rapide et la moins chère, et le moteur revient avec son couplage d'origine, sans nouvelle prise d'origine à faire. Si la ligne est arrêtée et qu'il faut redémarrer tout de suite, l'échange standard ou un reconditionné disponible en stock sont plus rapides. C'est un arbitrage entre temps d'arrêt et coût, à trancher cas par cas.

