Un automate programmable reconditionné remplace le vôtre à l'identique sur le plan matériel, mais il n'arrive pas avec votre programme, ni avec une pile qui a le même âge que celle que vous déposez. Trois choses se vérifient avant de commander : la référence complète de la CPU en place, avec son indice de version ; la possibilité de sauvegarder le programme et la configuration tant que l'appareil s'allume encore ; et l'état de la pile de sauvegarde, quand votre gamme en dépend. S-ELECTRO (Shop-Elec) fournit des automates testés fonctionnellement et validés sur banc avant réexpédition, garantis de 6 à 12 mois selon le produit, pièces et main d'œuvre, expédiés sous 24 à 48 h depuis l'atelier de Flers-en-Escrebieux, dans le Nord.
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01 // Ce qu'un automate reconditionné n'apporte pas avec lui
La situation qui conduit à commander un automate reconditionné se ressemble d'un client à l'autre : un module ou une CPU est tombé en panne, la gamme n'est plus fabriquée depuis longtemps, et un exemplaire disponible en stock vaut mieux qu'une migration complète décidée dans l'urgence. Ce raisonnement tient. Ce qu'il laisse de côté, c'est ce que l'appareil de remplacement sait, et ne sait pas, en sortant de son carton.
Un automate reconditionné est une CPU (et parfois un rack complet) remis en état et testé, pas une copie de celui que vous déposez. Il arrive avec son propre firmware, sa propre pile, et surtout sans votre programme : la logique de votre machine, ses temporisations, l'adressage de vos entrées et sorties, votre mot de passe de protection s'il y en a un. Rien de tout cela ne voyage avec l'appareil, parce que rien de tout cela ne lui appartient.
Ce point est spécifique à ce qui se programme et se paramètre, automates compris. Pour ce qui vaut sur l'ensemble du matériel reconditionné, les six questions à poser à n'importe quel fournisseur et la différence réelle entre occasion, reconditionné et échange standard, notre guide sur ce qu'il faut vérifier avant de commander du matériel industriel reconditionné les traite en détail. La suite de cette page ne s'occupe que de l'automate.
02 // Ce qui détermine la compatibilité réelle, au-delà de la référence de la CPU
Relever la référence de la CPU en panne et chercher la même est le premier réflexe, et c'est insuffisant à lui seul. Deux automates qui portent la même référence commerciale peuvent différer par leur indice de version matérielle et par le firmware installé, deux informations qui décident si votre programme s'y charge sans conversion.
| Ce que vous relevez | Où cela se lit | Ce que cela détermine |
|---|---|---|
| La référence complète de la CPU, y compris l'indice de version matérielle (souvent une lettre ou un suffixe après la référence principale) | Étiquette sur la façade ou le flanc de la CPU | Le point de départ de la recherche, et la première chose qui différencie deux exemplaires de la même famille |
| La version de firmware installée | Écran de la CPU si elle en a un, ou lecture via le logiciel de programmation | La compatibilité avec votre fichier de programme, qui peut exiger une version minimale ou refuser de s'ouvrir sur une version plus ancienne |
| Le nombre d'emplacements et la capacité de l'alimentation du rack | Étiquette du châssis et de l'alimentation | Si le rack accueille vos modules d'entrées et de sorties existants sans les reconfigurer, et si l'alimentation supporte leur consommation cumulée |
| Le protocole et le port de communication : Profibus, Modbus, Ethernet industriel, ou liaison propriétaire | Connectique visible sur la CPU, documentation de l'installation | Si l'automate dialogue avec vos IHM, vos variateurs et votre supervision comme le faisait celui qu'il remplace |
| Le logiciel de programmation compatible : PL7, Unity Pro ou Control Expert chez Schneider, STEP7 ou TIA Portal chez Siemens, RSLogix ou Studio 5000 chez Allen-Bradley, GX Works chez Mitsubishi, selon la marque et la génération | Documentation du projet, ou étiquette de la CPU qui indique souvent la famille logicielle | Si votre poste de programmation peut ouvrir et transférer le projet sur le nouvel appareil sans outil supplémentaire |
Une précision de sécurité, la même que pour n'importe quel relevé en armoire : si l'accès suppose d'ouvrir un coffret sous tension, l'opération relève d'une personne habilitée, dans le cadre de consignation prévu par la NF C18-510. La plupart des étiquettes de CPU et de rack se lisent sans rien ouvrir.
Sur les gammes Siemens SIMATIC S5, très présentes dans le parc industriel français, la question qui revient le plus souvent est celle du remplacement par un S7 : notre page catalogue automates programmables détaille pourquoi cette migration n'est pas un remplacement à l'identique, et ce qu'elle demande réellement.
03 // Le programme et sa pile : ce qui se perd, et à quel moment
C'est le point que les pages de vente de matériel reconditionné ne traitent pas, et c'est celui qui transforme un remplacement d'une heure en remise en service d'une journée.
Sur un automate, deux choses distinctes dépendent d'une sauvegarde correcte. Le programme lui-même, la logique qui fait tourner votre machine, et les données de fonctionnement : valeurs courantes, compteurs, réglages ajustés au fil du temps. Selon l'architecture de l'automate, l'un et l'autre survivent ou non à une coupure d'alimentation prolongée ou à une pile déchargée : sur certaines gammes, tout repose sur une pile qui maintient une mémoire volatile ; sur d'autres, le programme réside sur une carte mémoire non volatile qui le conserve même pile à plat. Le mode retenu par VOTRE automate n'est pas un détail : c'est lui qui dit si l'appareil de remplacement doit arriver avec le programme déjà chargé, ou si vous devrez le recharger vous-même depuis une sauvegarde.
Sur les automates Schneider Electric TSX Premium, le constructeur documente précisément ce qui dépend d'une pile. La mémoire RAM interne de la CPU est sauvegardée par une pile référencée TSXPLP01, logée dans le module d'alimentation TSXPSY, à changer tous les ans ou dès que le voyant BAT s'allume, sous ou hors tension. Certaines cartes mémoire PCMCIA de ces mêmes automates, et de la gamme TSX Micro, portent en plus deux piles distinctes : une pile principale (TSXBATM02) et une pile auxiliaire (TSXBATM03). Le constructeur est explicite sur un point : les deux piles ne doivent jamais être retirées en même temps, l'une assurant la sauvegarde pendant le remplacement de l'autre. Un bit système, %S67, signale un défaut de la pile principale sur les gammes Micro, Premium et Quantum, lisible depuis le programme en PL7, Unity Pro ou Control Expert.
Des mécanismes de sauvegarde équivalents existent chez d'autres constructeurs, sous d'autres noms et avec d'autres architectures : sur les gammes Siemens SIMATIC S5, notre page catalogue détaille la méthode de récupération du programme par extraction de la carte mémoire EPROM ou EEPROM avant qu'il ne soit trop tard.
La limite est la même partout, et elle est déterminante : ces méthodes supposent que l'automate fonctionne encore assez pour être lu. Sur un appareil déjà totalement hors service, elles ne changent rien à ce qui est déjà perdu. Elles ont en revanche tout leur sens pour le reste de votre parc, qui tourne aujourd'hui et tombera en panne un jour.
Quand la sauvegarde n'est plus possible, quatre pistes permettent de reconstituer le programme, dans l'ordre où il est logique de les essayer.
- Le dossier de la machine. Une mise en service laisse souvent une trace : fichier de projet sur un poste de programmation, listing imprimé, ou dossier remis par l'intégrateur. C'est la piste la moins coûteuse, elle se vérifie en premier.
- Un automate jumeau sur une ligne identique. Si une machine équivalente tourne avec le même programme, ou une variante proche, il se lit et sert de base de départ légitime. Les écarts d'usage entre les deux postes expliquent souvent des différences de réglage à ne pas recopier aveuglément.
- L'intégrateur ou le constructeur de la machine. Sur un équipement encore suivi, il conserve parfois le projet d'origine, en particulier s'il a livré l'armoire complète.
- La réécriture du programme. C'est le chemin le plus long, réservé au cas où aucune des trois pistes précédentes n'aboutit : reconstituer la logique à partir du fonctionnement observé de la machine et de sa documentation, quand elle existe.
04 // Dans quel ordre faire ce relevé
Les deux sections précédentes disent quoi vérifier et où. Reste l'ordre, qui compte : une seule de ces étapes devient impossible si vous attendez.
- Le programme et sa sauvegarde d'abord, tant que l'automate répond. C'est la seule étape irréversible de la liste : elle passe devant tout le reste, qui reste faisable demain.
- La référence complète de la CPU, avec son indice de version, en photo plutôt qu'à la main.
- L'état de la pile, si votre gamme en dépend et si un voyant ou un bit système permet de le lire depuis le programme.
- Le protocole de communication et l'adressage réseau utilisés par vos IHM, variateurs et système de supervision.
- La machine et le symptôme, en deux phrases : ce qui s'est passé au moment de la panne, et ce que l'automate affichait ou n'affichait plus.
Ce dernier point évite parfois la commande elle-même : un automate qui affiche un défaut n'est pas toujours un automate en panne. Décrivez-nous le symptôme avant de commander, c'est le moment où nous pouvons vous dire que le problème vient peut-être d'un module d'entrées-sorties ou du câblage, pas de la CPU.
05 // Ce qui se passe au redémarrage
La mise en service d'un automate de remplacement commence comme celle d'un appareil neuf : montage sur le rack, câblage de l'alimentation et des modules d'entrées-sorties, puis transfert du programme. Ce qui change dans le cas d'un remplacement, c'est tout ce qui vient après, et qui n'existe pas sur une installation neuve.
- L'adresse réseau ou l'adresse de station se redéfinit, elle ne se devine pas. Un automate reconditionné arrive avec l'adresse laissée par son précédent usage ou une adresse d'usine, rarement celle attendue par le reste de votre installation.
- Le mot de passe de protection du programme, s'il en existait un, ne se transmet pas avec l'appareil. S'il a été oublié par l'ancien intégrateur, c'est un point à traiter avant la panne suivante, pas après.
- Les entrées et les sorties se vérifient une par une avant de rendre la machine à la production. Un adressage décalé d'un rang donne un automate qui semble fonctionner et qui pilote la mauvaise sortie.
- L'horloge interne se recale. Un automate reconditionné repart généralement sans l'heure de votre installation, ce qui peut fausser des horodatages ou des temporisations liées à l'heure réelle.
- Le premier cycle se surveille pas à pas quand le logiciel de programmation le permet, avant de remettre la machine en production normale.
Avant de mettre en cause l'automate reçu si un défaut apparaît, reprenez ces cinq points : ce sont eux qui ont changé entre l'installation qui fonctionnait et celle qui ne fonctionne pas encore.
06 // Quand le reconditionné n'est pas la bonne réponse
C'est la partie qu'un vendeur n'a pas toujours intérêt à écrire, et c'est pourtant celle qui évite le plus de mauvaises commandes. Remplacer un automate n'est pas systématiquement la meilleure option, ni la plus rapide.
| Votre situation | Ce qui est généralement le plus pertinent |
|---|---|
| L'automate répond encore, la panne semble venir d'un module précis, et vous avez du temps devant vous | La réparation du module ou de la CPU en cause. Le programme reste en place, vous n'avez rien à recharger |
| La ligne est arrêtée et chaque heure compte | L'échange standard : un exemplaire équivalent part vers vous contre le retour du vôtre |
| La gamme n'est plus commercialisée et vous constituez un stock de sécurité | Le reconditionné, souvent la seule option disponible, à immobiliser en réserve à moindre coût |
| Vous engagez une migration complète vers une gamme actuelle | Le passage à une gamme récente avec conversion du programme, un projet d'ingénierie à part entière, pas un remplacement au coup par coup |
La comparaison détaillée entre remettre en état votre appareil et en recevoir un autre est développée dans notre page sur la réparation et l'échange standard d'électronique industrielle. Une dernière remarque, valable dans les quatre cas : avant de commander quoi que ce soit, assurez-vous que la CPU est bien la pièce en cause. Un défaut d'entrée ou de sortie peut venir d'un module d'extension, d'un capteur ou du câblage, et un automate neuf posé sur une cause externe retombe en défaut à son tour.
07 // Questions fréquentes
Un automate reconditionné arrive-t-il avec mon programme déjà chargé ?
Non, sauf accord explicite avec le vendeur. Un automate reconditionné est testé et remis en état, il n'a jamais connu votre machine. Chez nous, le chargement du programme reste à votre charge sauf demande de votre part : signalez-nous si vous n'avez pas de sauvegarde exploitable, cela change la façon dont nous préparons l'envoi.
Mon automate ne s'allume plus. Comment récupérer le programme ?
Cela dépend de la gamme et de son mode de sauvegarde. Sur un SIMATIC S5, notre page catalogue détaille la méthode par extraction de la carte mémoire. Sur d'autres gammes, si l'appareil ne répond plus du tout, les pistes restantes sont le dossier de la machine, un automate jumeau sur une ligne identique, ou l'intégrateur qui a livré l'installation. Décrivez-nous votre cas, nous vous dirons ce qui est réaliste.
Faut-il commander exactement la même référence de CPU ?
C'est le plus simple, et cela évite de reprendre le câblage et l'adressage. Sur une gamme ancienne, ce n'est pas toujours possible : c'est alors l'indice de version, le firmware, le rack et le protocole de communication qui déterminent ce qui convient réellement. Envoyez-nous la photo de l'étiquette de votre CPU et de votre rack, nous vous disons ce qui correspond.
Comment savoir si l'automate reconditionné a réellement été testé ?
Posez la question directement, et méfiez-vous d'une réponse qui parle de contrôle sans dire ce qui a été mis sous tension. Nos automates sont testés fonctionnellement et validés sur banc avant réexpédition, pas seulement contrôlés visuellement, et ils sont garantis de 6 à 12 mois selon le produit, pièces et main d'œuvre.
Vaut-il mieux faire réparer mon automate que d'en acheter un reconditionné ?
Si votre machine peut attendre et que la panne touche un module identifiable, souvent oui : votre programme reste en place, et vous n'avez rien à recharger. Si la ligne est arrêtée, l'échange standard ou le reconditionné disponible en stock font redémarrer plus vite. C'est un arbitrage entre temps d'arrêt et effort de remise en service, à trancher cas par cas.

